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Café parents du 4 février 2011

 

Intervention de M. Guy Chantrieux, psychomotricien et ostéopathe

 

Son parcours professionnel : institutions et libéral depuis 2004, Sauvegarde de l’Enfance, Cambo ;

 

Suivi d’enfants de 0 à 15 ans, difficultés d’attention à dysphasie, autisme,  hyperactivité ;

 

Psychomotricité et ostéopathie non remboursées par la Sécurité Sociale, mais la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) peut aider les personnes en difficultés (enveloppe pour soins non remboursés).

 

 

 

A) Que sont la psychomotricité et les troubles psychomoteurs ?

 

Discipline paramédicale (diplôme équivalent à kinésithérapeute, infirmière…) et sur prescription médicale, proposition de diagnostic faite par le psychomotricien mais le diagnostic final est posé par un médecin.

 

 

Qu'est ce qu'un bilan psychomoteur ? :

 

deux axes : axe moteur et axe psychologique

 

en lien : motricité neurologie et psyché

 

1 tonus musculaire sur plusieurs niveaux (fond, action, attitude)

    • tonus musculaire et état émotionnel : douleurs/ émotions, tonus élevé en dehors de troubles reconnus -> peut être une alerte de difficultés de contrôle émotionnels ;

    • réactions/ à cadre particulier donne une photo du développement de l’enfant ;

2 graphomotricité : crampe dite de l’écrivain (geste bloqué, douleurs) -> parfois le    reflet d’une émotivité ;

 

3 schéma corporel

    • observation de la perception qu'à l'enfant de son corps dans l’espace : l’enfant construit l’espace par rapport à son propre corps -> une mauvaise représentation de l’espace et du schéma corporel peut mener à la dyspraxie ;

    • construit son schéma corporel/ à expériences physiques mais aussi sensorielles, aide à structurer l’espace mais aussi le temps (depuis les battements de cœur de la mère…. jusqu’à l’heure et le temps calendaire) ;

    • image du corps : notion de psychologie, (trouble type : anorexie) ;

    • lors de l’anamnèse (conversation préalable au bilan qui permet de retracer l'histoire de l'enfant) on recherche des indices de problèmes d'adaptation aux rythmes et d'instabilité psychomotrice (imposés par journée), en séance travail sur jeux de rythmes (problèmes lors des rythmes lents) ;

    • latéralité : œil directeur, pied / main, ambidextrie ;

    • motricité fine (visage : gonfler une joue, cligner d’un oeil…) -> évalue le profil neuromoteur de l’enfant.

Le suivi est soumis à une décision médicale à la suite du bilan + adhésion des parents et de l'enfant.

 

 

 

Indications :

 

éveil psychomoteur pour permettre d’harmoniser le développement des enfants (pour s’adapter au mieux à la vie relationnelle).

 

Le psychomotricien utilise des jeux moteurs qui ont une influence sur le comportement et les émotions (ballon, jeux d’attention, d’équilibre de rythme, musique, avec animaux… ).

 

La personne suivie doit s’impliquer sur le plan corporel et cela a des répercutions psychiques : verbalisation sur vécu pour intégrer et mieux vivre son trouble.

 

La relaxation permet de mieux gérer ses émotions, verbaliser son ressenti (avec ou sans aide du thérapeute). Il  existe plusieurs techniques qui permettent de  trouver celle qui s’adapte à l’enfant. Diminuer la tension musculaire permet de prendre de la distance face à une émotion intense (lien tonus et émotion)… Cela demande un peu de technique mais ensuite l’enfant peut s’en servir seul (en classe, face à un stress, n’importe où et n’importe quand...) et de parvenir « à l’écoute de son corps ».

 

Le fondement de la relaxation est le même pour tous, des enfants aux personnes âgées : il faut parvenir à trouver la technique la plus adaptée et la plus efficace pour une autonomie rapide.

 

Tout enfant ou jeune qui se laisse envahir par une émotion jusqu’à en perdre ses moyens (en particulier lors d'examen) peut utiliser des techniques simples de relaxation : le but est de faire « baisser la pression » pour retrouver ses moyens ; cela ne supprime pas l'émotion, qui est normale et nécessaire.

 

 

En résumé, le psychomotricien peut agir sur :
    • Troubles du développement (le plus souvent de naissance)

    • Inhibition psychomotrice (timidité extrême, n’ose pas entrer en relation)

    • Instabilité psychomotrice (jusqu’à hyper activité : trouble envahissant du développement/ à ne pas confondre avec un enfant très remuant…)

    • Trouble du comportement (jusqu’à autisme)

    • de gestion émotionnelle, troubles du sommeil...

 

Attitude de l’enfant/ au recours au psychomotricien : l’enfant doit être partie prenante du processus, il faut qu’il intègre cela dans son comportement : la relaxation fait effet sur le long terme et est utilisable à volonté.

 

Cela doit faire partie intégrante de la vie de l’enfant pour pouvoir être automatisé.

 

Tics / tocs : peut être dominé par relaxation, c’est une expression d’une émotion non contrôlée.

 

 

Qui en a besoin ? :

 

Troubles scolaires, difficultés en sport (manque d'aisance motrice, maladresses), enfants qui ne connaissent pas leur droite de leur gauche, motricité fine (écriture), dyspraxie.

 

Troubles d’attention, du comportement, alimentaire.

Si le bilan de QI (WISC) montre des écarts  QI performance juste / verbal très élevé, les enfants ont souvent des problèmes avec leurs corps/

 

Problèmes de sommeil, d’endormissement,  enfants qui somatisent.

 

 

B) Troubles ostéopathiques, ou dysfonction :

 

Discipline de médecine manuelle, formation complète en 5 ans, travaille sur la mobilité de toutes les parties du corps. Concept : tout le corps est mobile, une perte de mobilité structurelle,  nerveuse (boite crânienne/ rachis…), viscérale peut entraîner des douleurs et des dysfonctions en cas de mauvaise adaptation du corps.

 

Troubles psychomoteurs peuvent être associés à troubles ostéopathiques.

 

30% des troubles ostéo peuvent expliquer des troubles psychomoteurs.

 

 

La structure et la fonction sont liées
    • Douleurs telles que les céphalées sont souvent dues à une douleur structurelle ;

    • Douleurs de dos traitées par ostéopathie structurelle et récidivantes peuvent être dues à un dysfonctionnement viscéral ;

    • Rendre au corps sa capacité à s’auto-réguler : le corps peut se soigner lui-même, l’ostéopathe aide le corps à accélérer le processus ;

    • Ostéopathie crânienne chez l'enfant permet une meilleure irrigation du cerveau : l'anamnèse de la naissance donne des réponses, vérification de la bonne mobilité des structures osseuses et vasculaires entourant l'hypophyse (troubles du comportement peuvent apparaître, forte réactions au stress), surrénales, thyroïde...

    • L'enfant anxieux peut faire quelques séances d'ostéo crânienne dont l'efficacité sera renforcée par la relaxation en psychomotricité, d'où l'intérêt d'une prise en charge globale.

 

 

L’ostéopathie peut agir sur :
    • L’expression de l’anxiété,  le stress dans sa composante somatique

    • Favoriser l’attention

    • Niveau postural (réduction des douleurs)

    • Fonctions physiologiques

    • L’instabilité motrice

    • Troubles du sommeil

 

Pas de prescription médicale nécessaire sauf chez l’enfant de moins de 6 mois.

 

 

 

En conclusion :

 

La psychomotricité pour un enfant précoce peut être aidante.

 

Le frein est évidemment le non remboursement par la Sécurité Sociale.

 

Le bilan permet d’annoncer un nombre approximatif de séances ; selon son expérience, en général 6 à 8 séances et l'enfant est capable de gérer lui même sa technique de relaxation, avec une « piqûre de rappel » (1 à 3 séances) quelques mois plus tard pour renforcer et ancrer la technique.

 

Pour les troubles de comportement les prises en charge peuvent aller de 10 jusqu’à 30 séances en libéral.

 

 

Les domaines à aborder sont très variés et difficiles à synthétiser en une seule réunion…

 

 

 

 

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